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Élégie des trahis

  • Tonvoisin

 

 

 

[Verse 1]
Ô vous qui m'avez fait le cadeau de la peine,
Qui dans mon dos tendirent le fer du traître,
Qui chargèrent leur âme aux dépens de la mienne,
Tandis que je marchais droit, ignorant de paraître —

La loyauté n'a pas de prix sur cette terre,
Si ce n'est celui, lourd, que verse la douleur,
De voir les siens se rendre aux discours du vulgaire,
Et vivre  sans plus savoir où réfugier son cœur.
[Chorus]
L'on chancelle, brisé, sous le poids de tristesse,
L'on pleure des mots vains que les salauds ignorent,
L'on crie vers le ciel vide avec une faiblesse,
Mais la dignité reste — elle seule nous honore.

La loyauté n'a pas de prix, n'a pas de nom,
Ce ne sont que des dons offerts à des couteaux,
Des sacrifices nus livrés sans aucun don,
À ceux qui sourient bien en plantant leurs fléaux.
· · ·
[Verse 2]
J'ai failli, j'ai aimé d'un amour sans mesure,
Et me suis égaré de chemin et de route,
J'ai cru tenir le fil, et n'en gardais qu'une usure,
Une vie que j'ai prise — et dont je reste en doute.

Mais eux, les indolents, remplissaient leur demeure,
Sans jamais regarder ce qu'ils laissaient derrière,
Et moi je demeurais, seul à la même heure,
Portant des mots trop purs pour leur âme ordinaire.
[Chorus]
L'on chancelle, brisé, sous le poids de tristesse,
L'on pleure des mots vains que les salauds ignorent,
L'on crie vers le ciel vide avec une faiblesse,
Mais la dignité reste — elle seule nous honore.

La loyauté n'a pas de prix, n'a pas de nom,
Ce ne sont que des dons offerts à des couteaux,
Des sacrifices nus livrés sans aucun don,
À ceux qui sourient bien en plantant leurs fléaux.
· · ·
[Verse 3]
J'avais cru que le vrai se défend de lui-même,
Que le mensonge un jour s'effondre sous son poids,
Mais le monde couronné applaudit ceux qu'il aime,
Et brise ceux qui restent entiers dans leur foi.

J'appris donc à marcher sans attendre justice,
À bercer mes blessures comme on berce un enfant,
À porter mes douleurs non plus comme un supplice,
Mais comme la preuve que j'ai aimé vraiment.
[Chorus]
L'on chancelle, brisé, sous le poids de tristesse,
L'on pleure des mots vains que les salauds ignorent,
L'on crie vers le ciel vide avec une faiblesse,
Mais la dignité reste — elle seule nous honore.

La loyauté n'a pas de prix, n'a pas de nom,
Ce ne sont que des dons offerts à des couteaux,
Des sacrifices nus livrés sans aucun don,
À ceux qui sourient bien en plantant leurs fléaux.
· · ·
[Verse 4]
Paraître le coupable aux yeux de ce qu'on aime,
Pour avoir dit tout haut ce que sanglotait l'âme,
Avoir choisi le vrai contre leur diadème,
Et porter seul ce poids sans en chercher le blâme.
[Bridge]
Peut-être ai-je tout perdu sur ce chemin d'automne,
Les visages aimés, les routes que je croyais miennes,
Mais nul ne peut ravir ce que l'âme te donne —
Ce que je suis à terre, quand nulle force ne tient.

Debout.
[Outro]
La loyauté n'a pas de prix…
Elle n'a pas de mots…
Elle n'a que moi. 

 

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