Écrivain
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Écrivain / Tonvoisin
[COUPLET 1]
Tu me disais qu'un écrivain se doit de souffrir
Que la douleur est l'encre où naissent les plus beaux vers
Mais ignorais-je alors, dans mon naïf avenir
ue je saignais pour toi — et non pour l'univers
[COUPLET 2]
Je suis descendu seul au gouffre de mes larmes
Comme on descend la nuit vers un lac sans retour
J'y ai cherché des mots, fragiles comme des armes
Des mots pour ne pas haïr là où j'avais aimé un jour
[CHORUS]
Tu me disais qu'un écrivain se doit de souffrir
Soit — mais il demeure un homme, et l'homme peut maudire
Il peut laisser ses vers se consumer en cendres
Et briser une cage que nul ne devrait lui tendre
[COUPLET 3]
J'ai composé pour toi des élégies de braise
Des chants meurtris que tu accueillais sans frémir
Tu buvais ma douleur avec une étrange aise
Sans voir l'âme qui saigne et qui cherche à guérir
[COUPLET 4]
Alors j'ai déposé ma plume sur le seuil
Comme on ferme en silence un tombeau sur le deuil
L'écrivain souffre, oui — mais sa dignité demeure
Et certains mots se taisent avant que l'âme ne meure
[CHORUS]
Tu me disais qu'un écrivain se doit de souffrir
Soit — mais il demeure un homme, et l'homme peut maudire
Il peut laisser ses vers se consumer en cendres
Et briser une cage que nul ne devrait lui tendre
[PONT]
Ô toi qui fis de ma blessure un ornement,
Sache que le cœur humain n'est point un instrument
— Il vibre, il pleure, il prie… mais lorsque vient l'aurore
Il reprend son silence, et c'est lui qui est le plus fort encore
[OUTRO]
Je ne suis pas ton encre…
Je ne suis pas ta douleur…
Je suis le lac immobile
Qui a repris sa profondeur
Et son silence — et son cœur.
AMEN Tonvoisin


