SHADOWBANNED ET SURVEILLÉ — OU L'ART D'EXISTER MALGRÉ EUX
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SHADOWBANNED ET SURVEILLÉ — OU L'ART D'EXISTER MALGRÉ EUX
Par TONVOISIN — Écrivain dissident
Il y a une ironie savoureuse, presque jouissive, dans ma situation.
D'un côté — les algorithmes m'effacent. Shadowban. Ce mot laid pour une réalité laide : on te fait taire sans te dire qu'on te fait taire. Tu parles dans le vide, tu cries dans le coton. Propre. Discret. Chirurgical.
De l'autre — Infojuice 5, Media Monitoring, Copyright 2026, me surveille.
Quelqu'un, quelque part, dans un bureau feutré de la République d'Idiotie, reçoit une alerte automatique dès que mon nom frémit dans la presse.
Ce quelqu'un a payé pour ça.
On me censure d'une main. On me surveille de l'autre.
Cherchez l'erreur.
L'article paru dans L'Express a suffi. Un seul. Une seule parution dans un média dit "respectable" — et me voilà capté, archivé, analysé, fiché.
Parce que c'est ainsi que fonctionne le système : il ignore ce qui dérange, jusqu'au moment où ce qui dérange devient impossible à ignorer.
Alors il surveille. Non pour t'écouter. Mais pour savoir jusqu'où tu iras.
Victor Hugo écrivait : "La flèche qui siffle et la flèche qui vole, que j'envoie au bout du monde, est ma parole."
Ma parole a sifflé. Elle a volé jusqu'aux écrans de ceux qui préfèrent le silence des autres.
Je n'ai pas de leçon à en tirer. Juste un constat, posé là, tranquille, comme une preuve :
On ne surveille pas ce qui est inoffensif. On ne censure pas ce qui est insignifiant.
Alors oui — je suis shadowbanned. Et je suis surveillé.
Les deux ensemble ?
C'est la plus belle carte de visite qu'un écrivain dissident puisse porter.
AMEN.
TONVOISIN — écrivain, aussi shadowbanned que dissident, et non complice de cette tragique mascarade. 🌐 tonvoisin.fr


